Biennale Bâtir Vivant – Association pour un Design Soutenable
La biennale Bâtir Vivant, rendez-vous majeur de l’écologie culturelle et du design contemporain, se consacre entièrement aux innovations matérielles sans…
Crédit image : Constantin Schlachter, de la série Polyphonies des Invisibles, 2024- . © Constantin Schlachter
De l’Antiquité à la littérature contemporaine, la métamorphose irrigue l’imaginaire européen comme une manière de penser les bouleversements du monde et les fragilités de la condition humaine. D’Ovide et ses chimères à la femme-truie de Marie Darrieussecq, en passant par la figure du Minotaure réinvestie par les Surréalistes à l’aube des totalitarismes, ces récits interrogent sans relâche notre place dans des sociétés instables, traversées par la violence, le doute et le désir de transformation.
L’exposition METAMORPHOSIS s’inscrit dans cette longue histoire tout en la projetant résolument dans le présent. Elle rassemble six artistes de la jeune scène photographique européenne — Vitalii Halanzha, Zoe Hamill, Emilia Martin, Constantin Schlachter, Balázs Turós et Yana Wernicke — tous issus de la plateforme européenne FUTURES. Ils appartiennent à une génération façonnée par les révolutions scientifiques, la conscience aiguë de l’interdépendance du vivant et la persistance de conflits destructeurs.
À travers leurs œuvres, ces artistes composent des récits visuels où se croisent le microscopique et le cosmique, le biologique et le mythologique, l’intime et le politique. Corps humains en devenir animal, croyances et météorites, liens entre un nourrisson et une grand-mère, forêts prises dans la guerre ou formes de vie invisibles à l’œil nu : autant de figures de métamorphoses qui dessinent une cartographie sensible de notre époque. La photographie devient ici un outil de narration, mais aussi de spéculation, capable de rendre perceptibles des transformations souvent diffuses, invisibles ou inachevées.
Malgré la fragmentation du monde et l’incertitude des récits collectifs, METAMORPHOSIS affirme la persistance d’un besoin fondamental : celui de faire image et de faire récit. À travers ces propositions singulières, l’exposition esquisse le désir partagé de déchiffrer la grammaire du réel et de retrouver les bases d’une langue commune.
Conçue avec le soutien de la plateforme FUTURES, cofinancée par le programme Creative Europe de l’Union européenne, l’exposition est le fruit d’une réflexion curatoriale collective menée par Světlana Malina (Fotograf Zone, Prague), Emese Mucsi (Robert Capa Contemporary Photography Center, Budapest) et Raphaëlle Stopin (Centre photographique Rouen Normandie).
Informations :
Les Cellules buissonnières — Lise Barnéoud, mardi 10 mars à 19h
Le Détail du monde, l’art perdu de la description de la nature — Romain Bertrand, jeudi 26 mars à 19h
Métamorphoses de fuite, littérature et photographie — Karine Winkelvoss, mardi 5 mai à 19h
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