Biennale Bâtir Vivant – Association pour un Design Soutenable
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Crédit image : © Em’kal Eyongakpa
Le FRAC Alsace à Sélestat accueille l’exposition Parfois revenir en arrière et avancer se confondent, un projet conçu par les étudiant·es du master Écritures critiques et curatoriales de l’art et des cultures visuelles (ECCA) de l’Université de Strasbourg. Réalisée à partir d’une sélection d’œuvres issues des collections des trois Fonds régionaux d’art contemporain du Grand Est — Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine — l’exposition propose une lecture engagée et collective de ces collections publiques.
Le fil conducteur de l’exposition s’appuie sur une métaphore centrale : celle de la mangrove. Écosystème mouvant situé entre terre et mer, la mangrove devient ici une image pour penser les récits historiques et politiques qui traversent les œuvres. Comme ses racines entremêlées, les trajectoires proposées par l’exposition ne suivent pas une ligne droite : elles avancent par détours, glissements et retours en arrière.
Historiquement, les mangroves furent des refuges pour les personnes cherchant à échapper à l’esclavage et à l’autorité coloniale. Leur instabilité rendait difficile toute tentative de contrôle. Dans l’exposition, cette géographie incertaine devient une métaphore pour penser les zones où les récits dominants vacillent et où d’autres voix peuvent émerger.
À travers cette image, les commissaires interrogent la persistance des rapports de pouvoir hérités de l’histoire coloniale — ce que certains penseurs désignent comme la colonialité. Celle-ci continue de structurer les relations économiques, politiques et culturelles contemporaines : dans les industries extractives, dans les hiérarchies du savoir, dans les frontières et dans la circulation des images.
Les artistes réunis dans l’exposition — parmi lesquels Lawrence Abu Hamdan, Glenn Ligon, Julien Creuzet, Josèfa Ntjam ou encore Nil Yalter — explorent ces héritages en travaillant à partir de fragments : archives, photographies, récits oraux, traces matérielles ou mémoires effacées.
Leurs pratiques artistiques prennent souvent la forme d’enquêtes. Elles révèlent les failles de l’histoire officielle et rendent visibles des voix longtemps marginalisées. Certaines œuvres convoquent les paysages et les mythologies, d’autres réactivent des archives ou reconstituent des récits à partir de fragments dispersés. Ensemble, elles composent une cartographie instable faite de seuils, de passages et de correspondances.
Dans l’espace de l’exposition, les œuvres ne se succèdent pas selon un parcours linéaire : elles dialoguent par résonances. Racines, tissus, images fragmentées, voix ou portes deviennent autant de motifs qui invitent les visiteur·euses à circuler autrement, à ralentir et à accepter une part d’incertitude.
Parfois revenir en arrière et avancer se confondent se présente comme une traversée, sollicitant les corps du public pour contourner, franchir, revenir sur ses pas, accepter de se perdre.
Ce dispositif invite chacun·e à devenir enquêteur·rice, à collecter des indices et à recomposer les récits proposés. L’exposition n’aspire pas à produire un discours clos mais à ouvrir un espace relationnel où se forment des communautés temporaires de regard et de pensée.
Les artistes présent·es dans l’exposition : Lawrence Abu Hamdan, Ziad Antar, Ouassila Arras, Willie Cole, Julien Creuzet, Bady Dalloul, Binta Diaw, Em’kal Eyongakpa, Glenn Ligon, Rayane Mcirdi, Myriam Mihindou, Josèfa Ntjam, Estefanía Peñafiel Loaiza et Nil Yalter.
Commissariat : Lina Chtourou, Elfie Creuze, Maémi Delaunay, Elisa Kolb, Romane Louvet, Luane Meziane-Grudenik, Cindy Poignant, Elsa Poulet, Paul Seitz et Elise Tassetti.
Encadrement pédagogique : Janig Bégoc et Simon Zara, professeur·es à l’Université de Strasbourg.
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