festival BIOVIV’ART 2026
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Crédit image : Captifs du temps d’Alžběta Wolfová – © Alžběta Wolfová
La Philharmonie de Paris accueille Captifs du temps, une exposition d’Alžběta Wolfová produite par la Fondation Signature.
Inspirée par sa résidence au Muséum national d’histoire naturelle, l’artiste tchèque Alžběta Wolfová a bénéficié d’un accès privilégié aux collections d’ambres de l’institution, travaillant au plus près du paléoentomologiste André Nel. De cette immersion scientifique naît une œuvre à la frontière de l’art et de la recherche, où l’image photographique devient outil d’exploration du temps profond.
Les insectes piégés dans la résine fossile — fragments d’écosystèmes vieux de millions d’années — sont saisis avec une précision d’orfèvre. Imprimées sur des supports translucides et rétroéclairées, les photographies révèlent nervures, ailes et carapaces dans une lumière presque spectrale. La matière semble respirer à nouveau, comme si la fossilisation n’avait été qu’une parenthèse.
Au cœur du dispositif imaginé pour la Philharmonie, sept grands formats dialoguent avec une sculpture-installation monumentale : la Chronolanterne. Haute de près de deux mètres, cette chambre optique hémisphérique en résine époxy agit comme une lanterne magique contemporaine. Des projections à 180° enveloppent le spectateur, accompagnées de la création sonore d’Étienne Gauthier.
L’expérience devient immersive et sensorielle. L’image ne se contente plus de montrer : elle entoure, elle résonne, elle fait vibrer l’espace. Entre contemplation scientifique et rêverie poétique, Wolfová interroge notre rapport au vivant, à sa disparition et à sa mémoire.
Avec Captifs du temps, Alžběta Wolfová ne se contente pas de documenter des fossiles : elle réactive leur présence. L’ambre, prison millénaire, devient source de lumière. L’insecte figé se transforme en apparition. Le passé dialogue avec le présent, invitant à réfléchir à la fragilité des écosystèmes contemporains.
Accessible aux détenteurs d’un billet pour un concert en Grande salle Pierre Boulez, l’exposition investit le foyer du deuxième étage de la Philharmonie. Un écrin idéal pour cette traversée lumineuse du temps, où science et poésie se rejoignent pour rappeler que le vivant, même captif, continue de nous parler.
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