Semons nos résistances – MAIF SOCIAL CLUB
Semons nos résistances au MAIF SOCIAL CLUB réunit quinze artistes autour d’une question essentielle : comment résister aux crises de…
Crédit image : Morsure de l’air du 03-05-2026, 2026, oxydation et terre de Lascaux sur toile, © Lionel Sabatté, ADAGP, Paris, 2026 / © Grégory Copitet
À travers un travail de la matière où se rencontrent poussière, rouille, laine, ongles, peaux mortes ou ciment, Lionel Sabatté s’intéresse à ce qui subsiste, se transforme et résiste au temps. Ces matériaux délaissés, situés aux marges du vivant et du déchet, deviennent sous ses mains les fragments d’un monde en perpétuelle métamorphose. L’oxydation, la dégradation et l’altération ne sont plus seulement les signes d’une disparition : elles deviennent des processus créateurs, révélant une matière vivante, traversée par le temps.
Au fil du parcours, les figures animales emblématiques du Musée de la Chasse et de la Nature se transforment et se déplacent. Cerfs, loups, sangliers, ours, chiens et oiseaux apparaissent sous des formes hybrides, parfois fragiles, parfois inquiétantes. Le chien redevient loup, les brebis se métamorphosent en créatures sauvages, les oiseaux deviennent paysages. Entre domestication et ensauvagement, construction et ruine, puissance et vulnérabilité, l’artiste brouille les frontières entre les règnes et invite à regarder autrement les relations que nous entretenons avec le vivant.
L’exposition commence dans la cour du musée avec Mort fertile, sculpture monumentale en bronze représentant un cerf dont les bois semblent s’enfoncer dans la terre. Une image paradoxale où la disparition devient aussi promesse de renaissance. Le parcours se poursuit dans les salles d’exposition temporaire et se déploie jusque dans les espaces du parcours permanent, faisant dialoguer les œuvres de l’artiste avec les collections du musée, parfois en harmonie, parfois en tension.
Cette immersion dans l’intégralité du musée prolonge un dialogue engagé avec Lionel Sabatté depuis 2017, année où son œuvre La Sélection de parentèle avait été présentée dans la cour de l’hôtel de Mongelas. Trois hirondelles réalisées à partir de poussière ont depuis rejoint les collections du musée, où elles sont toujours visibles dans le salon des Oiseaux.
Né en 1975 à Toulouse et diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2003, Lionel Sabatté vit et travaille aujourd’hui à Paris. Depuis plus de vingt ans, il développe une pratique fondée sur la transformation de la matière et l’observation des processus de décomposition, d’altération et de régénération. Nommé au Prix Marcel Duchamp en 2025, il a notamment exposé au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, au Muséum national d’Histoire naturelle, au MAMC+ de Saint-Étienne et au Château de Chambord.
Commissariée par l’historienne de l’art, auteure et commissaire indépendante Amélie Adamo, Ce qui reste propose ainsi une traversée du musée où le vivant apparaît moins comme un état que comme un mouvement perpétuel. Ce qui disparaît laisse des traces ; ce qui se décompose nourrit d’autres formes ; ce qui semble résiduel devient à son tour matière à création. Une manière de réensauvager le regard et de considérer la transformation non comme une fin, mais comme l’une des conditions du vivant.
INFORMATIONS :
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