festival BIOVIV’ART 2026
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Crédit image : Hideki Umezawa, Haruna Lake #2
Le Frac Sud – Cité de l’art contemporain consacre son plateau Perspectives à L’Écologie des relations – La Forêt amante de la mer, une exposition imaginée par Élodie Royer avec le soutien de la Japan Foundation et de la Maison de la culture du Japon à Paris.
Réunissant des artistes japonais de différentes générations — Keita Mori, Yoko Ono, Lieko Shiga, Mieko Shiomi, Atsuko Tanaka, Hideki Umezawa, Chikako Yamashiro, Shingo Yoshida, Gōzō Yoshimasu et Hiroshi Yoshimura — l’exposition explore les liens affectifs, écologiques et mémoriels qui nous attachent à nos milieux de vie. Ces relations invisibles, devenues à la fois précaires et précieuses à l’ère des crises environnementales, constituent le cœur sensible du projet.
L’exposition prend pour point de départ la triple catastrophe du 11 mars 2011 — séisme, tsunami et accident nucléaire de Fukushima — événement majeur dont les répercussions furent à la fois intimes, sociales et environnementales. Les œuvres issues de la période dite « post-Fukushima » dialoguent ici avec des pratiques développées dans le Japon des années 1960-1970, marqué par une modernisation rapide et de profondes mutations sociales. Ce rapprochement met en lumière une continuité : la manière dont l’art japonais interroge, depuis plusieurs décennies, les frictions entre progrès technologique, mémoire collective et écosystèmes fragilisés. La scénographie, en résonance avec l’architecture du bâtiment conçu par Kengo Kuma, accompagne cette traversée. Bois, transparences et lignes ouvertes composent un espace où les œuvres semblent respirer avec le paysage méditerranéen.
Le sous-titre de l’exposition, La Forêt amante de la mer, est emprunté à une fable écologique de Shigeatsu Hatakeyama. Elle évoque l’interdépendance entre forêts et océans : les nutriments issus des arbres nourrissent les eaux, permettant la vie marine. Cette image devient métaphore d’une écologie des relations où rien n’existe isolément. Les artistes réunis ici font face à des écosystèmes qui se font et se défont, explorant autant les collaborations que les conflits inhérents à toute coexistence.
Chez Hideki Umezawa, les paysages vibrent d’une tension entre abstraction et mémoire ; Lieko Shiga révèle la persistance des communautés rurales marquées par le tsunami ; Chikako Yamashiro interroge les cicatrices historiques d’Okinawa ; Yoko Ono et Mieko Shiomi prolongent l’héritage Fluxus, invitant à penser l’art comme expérience relationnelle. La poésie de Gōzō Yoshimasu et les nappes sonores d’Hiroshi Yoshimura ouvrent quant à elles un espace d’écoute et de résonance.
Les artistes présentés partagent une attention aux dynamiques du vivant et aux liens qui unissent les êtres humains entre eux. Denses de collaborations, parfois traversées par des tensions, leurs œuvres refusent l’indifférence. Elles affirment qu’habiter le monde implique de reconnaître ces interdépendances — affectives, politiques, écologiques — et d’en prendre soin.
Tout au long de l’année, une programmation culturelle accompagne l’exposition en partenariat avec le FIDMarseille, les Éditions Wildproject, le Cipm – Centre international de poésie Marseille et Opera Mundi.
Un projet musical, La société des soupirants de la forêt des huîtres (牡蠣の森を慕う会), imaginé par Yama Yuki et Gregory Taniguchi-Ambos, prolonge également la réflexion sonore de l’exposition. Le premier titre de l’album, A Path Water Knows par Yumi Iwaki, esquisse déjà cette circulation fluide entre terre et mer.
Informations :
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