Formation par l’INP : Développement durable et conservation du patrimoine
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La Société Française d’Ecologie (SFE) vous propose le regard de Fabrice Flipo, philosophe et chercheur à l’Université Paris Diderot, sur l’impact écologique des nouvelles technologies d’information et communication.
Introduction
En 1990, le numérique est quasiment inexistant. L’équipement des foyers est proche de zéro. Le téléphone est filaire, souvent à cadran. En 1993, Netscape Navigator ouvre les portes d’un monde « virtuel » et permet une nouvelle activité, surfer sur un réseau de sites informatiques de documentation, dit Internet. Le réseau ne compte encore que 130 sites web. Ils sont un million quatre ans plus tard. Amazon est fondée en 1995, Google en 1998, et bientôt c’est la bataille autour des « portails » d’information. Apparaît alors un discours bien séduisant : une « nouvelle économie », « immatérielle », car tirée par l’information, serait en voie d’émergence. L’information, arguait-on déjà dans les années 70, c’est de la « néguentropie », qui permet d’aller contre les funestes avertissements de Nicholas Georgescu-Roegen et du Club de Rome (cf. les regards n°4 et n°51).
Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ne « produisent » rien d’autre, à première vue, que de la mise en relation. Et plus de mise en relation, c’est une société mieux (auto)contrôlée. Les TIC apporteraient donc « la maîtrise de la maîtrise » cherchée par Michel Serres dans son Contrat Naturel. Elles sont la clé : « le salut de la planète, la cohésion sociale et la reprise de la croissance sous une nouvelle forme semblent passer par la réussite et la vitesse de cette révolution » (Faucheux et al., 2010 : 191).
Peut-on croire un tel discours ? Non. Les bénéfices environnementaux des TIC ne sont pas fondés, et cela parce qu’ils s’appuient sur des scénarios reposant sur des hypothèses sociales, économiques et politiques qui sont sans fondements. Les TIC sont d’abord le résultat et l’outil de la croissance.
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